L’ administrateur de Radio Etincelles , Claudel Saintilien, dénonce une intervention de militaires de l’Afrique du Sud au local de la station située dans la Cité de l’Indépendance ,le mardi 30 décembre 2003.

Selon M. Saintilien, des militaires sud-africains sont entrés dans la radio à la recherche notamment d’explosifs . Le responsable précise qu’ils étaient accompagnés d’ un policier haïtien qui est resté à l’extérieur.

Claudel Saintilien indique que la radio et d’autres bâtiments tels l’Alliance Française sont placés en face de la Place d’Armes où les cérémonies officielles vont se dérouler à l’occasion du Bicentenaire de l’Indépendance. Il condamne vigoureusement l’attitude des sud-africains d’autant que la perquisition n’a pas été effectuée par les autorités haïtiennes. M. Saintilien souligne que cette descente est futile car les journalistes n’ont d’ arme que le micro.

Face à cette situation , la direction de Radio Etincelles a décidé de fermer provisoirement la station. L’administrateur Claudel Saintilien justifie cette mesure car un climat d’intimidation des journalistes indépendants règne actuellement aux Gonaïves.

L’intervention des militaires sud-africains à Radio Etincelles est dénoncée par l’Association des Entrepreneurs de l’Artibonite (AEA). Son dirigeant , Pierre Robert Auguste , qui qualifie cette situation d’inacceptable a demandé à la population de bouder les cérémonies du 1er janvier en portant le deuil.

Le même jour , en marge du « Mardi de la Presse », le secrétaire d’Etat à la Communication , Mario Dupuy, avait critiqué ceux qui condamnent la présence des militaires sud-africains. M. Dupuy avait déclaré ne pas comprendre leur attitude dans la mesure où il a vu un déploiement important d’agents de sécurité lors des déplacements du président américain. Mario Dupuy s’était demandé si tout ce tollé n’avait pas un lien avec la peau noire du président Thabo Mbeki. Pour M. Dupuy, cette attitude peut être assimilée à de « l’indigence » au niveau de l’esprit.

La visite de M. Mbeki , dans un contexte de profonde division de la société haïtienne sur fond de violence gouvernementale notamment aux Gonaïves, suscite des réserves non seulement en Haïti mais aussi dans son pays. Thabo Mbeki , actuellement aux Bahamas , est attendu dans les prochaines heures à Port-au-Prince.