Le pacte de gouvernance économique et financière ratifié vendredi dernier, par le Ministère des Finances et la Banque de la République d'Haïti ne met pas l'état à l'abri d'un dérapage budgétaire assure l'économiste Kesner Pharel. Intervenant ce lundi sur les ondes de Radio Métropole, il a rappelé que les précédents pactes signés n'ont pas empêché des déficits records :
« Faute de réglementation fiscale définissant des plafonds indépassables sans l'autorisation du parlement, ce type de pacte n'est guère plus qu'une marque de bonne volonté technique qui n'écarte pas le risque de dérapage en cas de pression politique. »
L'économiste pointe une nouvelle fois du doigt le caractère irréaliste du budget 2020-2021 et s'interroge sur ce qui adviendra si les recettes fiscales s'avéraient inférieures aux 133 milliards de gourdes prévus cette année :
« En cas de nouveau déficit, la BRH sera sans doute contrainte de faire fonctionner une nouvelle fois la planche à billets, ce qui aura pour résultat d'augmenter encore l'inflation et la pauvreté. »
Désormais le remboursement de la dette est l'un des principaux postes au sein du budget national, en ce sens Haïti participe d'un mouvement mondial, toutefois le pays est peu armé pour faire face aux conséquences d'une telle gestion, déplore l'économiste Kesner Pharel.

AL / radio Métropole Haïti