La crise économique a un impact direct sur l'alimentation des haitiens au cours des derniers mois. Selon les statistiques l'inflation a atteint 17% en février 2019 en glissement annuel ce qui se traduit par une accentuation de la misère des couches les plus vulnérables.

Une enquête réalisée conjointement par le Programme Alimentaire Mondial (PAM Haiti) et la Coordination Nationale pour la Sécurité Alimentaire (CNSA) indique que la diversité du régime alimentaire des ménages est faible, phénomène qui continue avec la baisse marquée de la consommation alimentaire.

" La diversité de l'alimentation était faible pour 31% des ménages, et modérée pour 49% des ménages. Approximativement 1 sur 2 ménage ont indiqué ne pas avoir consommé de produits riches en fer dans les 7 derniers jours. Au moins 1 sur 4 ménages montre un déficit dans la consommation de produits riches en vitamine A et protéines. La plupart des ménages ayant une consommation alimentaire pauvre ou limitée consomment des aliments riches en protéines, vitamine A, et en fer de façon peu fréquente."

Le pourcentage élevé des dépenses alimentaires des ménages par rapport à leurs dépenses totales est un indicateur de vulnérabilité économique. Les ménages qui n'avaient pas consommé de protéines, de vitamine A ou de fer au cours des 7 derniers jours, ont reporté des dépenses alimentaires représentant plus de 65% de leurs dépenses totales. Cela est préoccupant quant à la qualité de leur alimentation, precise le rapport.

Alors que la production agricole a diminué en raison de la sécheresse, les ménages dépendent plus que jamais sur l'achat de nourriture pour se nourrir, ce qui les rend très vulnérables aux variations de prix. La consommation par les ménages de leur propre production a chuté de 29% par rapport à avant la sécheresse. En revanche, l'achat de nourriture a augmenté de 27%, ce qui est un indicateur de la vulnérabilité économique des ménages.

LLM / radio Métropole Haïti