Le Président de la République, René Préval, a mis définitivement au pas le Conseil Electoral Provisoire (CEP) avec la publication de l'amendement de la loi électorale. Cet amendement qui détermine l'organisation de la présidentielle de novembre est un signe évident de la volonté de l'Exécutif de boucler l'échéance à la date prévue, et ceci, sans tenir compte du contexte particulièrement difficile dans lequel vont se dérouler ces joutes.

Trois (3) ans après la démission du ministre Rosny Smarth, Haïti cherche encore la sortie de cette crise, les législatives et locales de mai 2000 devaient conduire le pays au bout du tunnel, mais dix-sep (17) mois après le lancement du processus il est en plein dans un bourbier électoral sans précédent.

Une 47ème législature contestée de partout en mal d'installation, des menaces de sanctions à nos portes, le dollar qui se fait rare, la hausse du prix de l'essence à la pompe et la chaîne d'augmentation du coût de la vie ; mine de rien, le pouvoir est branché plus que jamais élections.

Cette fois : présidentielles avec un Conseil Electoral Provisoire (CEP) décrié, un document électoral amendé et appelé loi par la présidence. On se le rappelle, ce document élaboré par l'ancien CEP de consensus a subi deux (2) mois d'analyse de la classe politique en général et un mois d'examen par l'executif avant sa publication officielle.

13 mois après que le président de la république a amendé unilatéralement le document qu'on se plait à appeler loi, en vue de l'adapter à ces joutes devant révéler le remplacant de René Préval à la magistrature suprême de l'état depuis février 1995.

Bientôt cinq (5) ans après, Haïti va de contestation en contestation en matière d'élection : avril 1997, mai 2000, et à l'avance, le 26 novembre rejeté par l'Opposition haïtienne. Le parti de Jean Bertrand Aristide est seul à parler de ces élections et les lavalassiens ont déjà annoncé le début de la campagne sur fond de crise politique, économique, énergetique, on en passe, dix ans après leur prise de pouvoir avec sept (7) ans de pouvoir effectif.