Imaginez Haïti déja si dépourvue fonctionnant en vase clos, sans l'assistance internationale. Un pays où l'inflation, la vie chère et la misère font partie du quotidien à gérer tout en prenant en compte l'insécurité grandissante et le rationnement du courant électrique. Des haïtiens vivent au jour le jour dans l'attente tout de même d'une amélioration de leurs conditions de vie.

Imaginez juste un instant que les institutions internationales de financement se plient à la demande des Etats Unis et ne débloquent pas de nouveaux fonds pour le gouvernement haïtien.

On sait que l'état haïtien, en dépit des apparences, mise beaucoup sur l'aide internationale. Le maintien du gel de l'assistance externe, risque de mettre Port-au-Prince sur les dents, face à une population qui, elle aussi, attend beaucoup de ses dirigeants. Comprenez que la situation est déjà difficile pour l'équipe au pouvoir, dont l'opposition réclame le départ.

Et pour coïncer les dirigeants haitiens, Washington qui, on se le rappelle, avait contribué au retour de lavalas au pouvoir en 1994, menace six ans plus tard, le même régime de sanctions allant jusqu'à la perte de plusieurs dizaines de millions de dollars. Entre autres sanctions, le retrait de 20 millions de dollars, qui devraient être destinés à l'organisation des présidentielles de novembre. Même la contribution annuelle des américains à Haiti estimée à 70 millions de dollars à l'éducation, ne sera pas administrée par le gouvernement issus des dernières législatives contestées qui s'apprêtait à faire du déblocage des fonds en souffrance, leur priorité.

Mais aujourd'hui, les Etats Unis passent aux décisions officielles. Ces menaces de sanctions des Etats Unis doivent être lancées ce mardi 5 août, lors de la session spéciale de l'OEA sur Haïti. Comprenez également que si ces menaces sont passées à exécution, l'avertissement du Président René Préval lancé à la population, selon lequel elle devra se serrer la ceinture, ne tardera pas à être effectif. On prévoit aussi le départ massif des boat people haïtiens pour fuir la misère. Ironie du sort, les boat people mettront le cap sur la Floride, en quête de cieux plus cléments et si toutefois ils parviennent sur des côtes étrangères, ils seront sans doute refoulés