Quelques guirlandes improvisées avec des photos de Jean Bertrand Aristide étaient remarquées dans plusieurs quartiers du Centre Ville remplis d'immondice et de carcasses de véhicules ; le grand commerce et les écoles ont gardé leurs portes fermées ; la circulation automobile était fluide… bref Port-au-Prince a fonctionné au ralenti ce lundi 27 novembre. Les commercants ont en mémoire les attentats à l'explosif de la semaine dernière qui ont fait deux (2) morts et une quinzaine de blessés. Ces violences avaient contraint les directeurs d'écoles à renvoyer les élèves chez eux et ont poussé des milliers de personnes à fuir la capitale.

Mais les rues n'étaient pas totalement désertes ce lundi, des centaines de partisans de Jean Bertrand Arisitide, pour la plupart des membres d'Organisations Populaires (OP), ont investi la zone de Champs de Mars et le Boulevard Jean Jacques Dessalines pour célébrer la victoire présumée de leur leader. Ces manifestations ont conduit les quelques installations commerciales qui fonctionnaient à peine à baisser leurs rideaux de fer. La psychose qui s'est installée dans les coeurs de bon nombre de port-au-princiens à l'occasion des élections semble persister.

En dépit des multiples annonces de la Police National d'Haiti (PNH) et des dirigeants de l'état, qui ne cessent de réaffirmer leur volonté de combattre l'insécurité, la première ville du pays vit encore des heures d'inquiétude qui se manifestent sous différentes formes : frustration, stress et émotions. De l'avis des observateurs, un simple incident suffit pour paralyser les activités à la capitale et les mots d'ordre appelant les port-au-princiens à faire preuve de vigilence sont toujours de rigueur.