Les Nations unies peinent à mobiliser les fonds promis aux victimes de l'épidémie de choléra en Haïti mais comptent sur le retour d'une certaine stabilité politique pour rassurer donateurs et investisseurs, explique à l'AFP un haut responsable onusien.

En décembre 2016, le secrétaire général de l'ONU avait présenté pour la première fois des excuses aux Haïtiens pour le rôle de l'organisation dans l'épidémie. L'Onu avait annoncé un plan pour aider les familles des victimes et mieux lutter contre la maladie, espérant mobiliser 400 millions de dollars sur deux ans.

Selon des experts indépendants, le choléra a été introduit par des Casques bleus népalais déployés dans le pays.

Mais l'argent tarde à venir, déplore le Dr David Nabarro, chargé de ce dossier. "L'argent est toujours un sérieux problème (...) Je n'ai jamais eu autant de mal à réunir des fonds pour une cause", déplore ce médecin britannique, qui a coordonné la lutte contre la récente épidémie de fièvre Ebola ayant fait 11.000 morts en Afrique de l'Ouest.

La France et la Corée du Sud ont promis de verser respectivement 600.000 euros et un million de dollars à un fonds spécial mis en place par l'ONU.

Pour l'instant, l'ONU a réuni entre 60 et 100 millions de dollars pour améliorer les installations sanitaires désastreuses du pays, et plus de 10 millions pour accélérer la réponse d'urgence à l'épidémie.

Deux millions seulement sont d'ores et déjà disponibles pour des actions en faveur des communautés les plus touchées par l'épidémie.

Au Forum économique mondial de Davos (Suisse), à la fin de ce mois, M. Nabarro tentera de convaincre donateurs et investisseurs potentiels de mettre en place un "consortium à long terme".

LLM / radio Métropole Haïti