L'Expert indépendant, Gustavo Gallon, présentera son rapport sur la situation en Haïti, le 21 mars 2017 au Conseil des droits de l'homme de l'ONU. Au terme de sa 8 eme mission M. Gallon a indiqué que les conditions de détention dans les prisons haïtiennes sont extrêmement inhumaines, cruelles et dégradantes.

La détention préventive prolongée, qui représente en moyenne 70 % des détentions au niveau national, est parmi les principales causes de la surpopulation carcérale, qui atteint un taux de 358 % ou - autrement dit - 1.43 mètre carré par prisonnier. Il y a des prisons où la situation est encore pire.

D'après une étude faite sur le Pénitencier national en 2016, « on peut affirmer que 91 pour cent de toutes les personnes détenues dans cette prison en attente de leur procès sont détenues illégalement ou arbitrairement, une augmentation de 23 pour cent depuis 2014 », a expliqué M Gallón.

Le niveau démesuré de surpopulation est aussi un facteur, parmi d'autres, qui contribue au haut degré de décès en prison. « Au rythme actuel, les projections pour l'année 2017 donnent un total de 229 prisonniers décédés en prison, soit un taux de mortalité annuel de 21.8 sur 1,000 » a-t-il annoncé.

L'Expert indépendant a pris note de la création d'une nouvelle commission présidentielle pour évaluer la situation dans les prisons et il a lancé un appel aux autorités afin de mettre en œuvre des actions urgentes visant à l'abolition de la détention préventive prolongée afin d'améliorer les conditions carcérales et respecter les droits des personnes privées de la liberté.

LLM / radio Métropole Haïti