Le Groupe d'Appui aux Réfugies et Rapatriés (GARR) affirme que plusieurs milliers d'haïtiens en République Dominicaine vivent dans la peur d'un rapatriement après l'expiration le 17 juin 2017 du délai pour la régularisation des sans papiers.

Adopté en Mai 2014, le Plan National de Régularisation des Etrangers (PNRE) avait permis à environ 239 000 immigrantes et immigrants, en majorité des ressortissantes et ressortissants haïtiens, en situation irrégulière d'obtenir un permis de séjour temporaire.

Les autorités dominicaines n'ont rien dit des migrants dont la situation a été « régularisée ». Actuellement, les personnes concernées vivent dans la plus grande inquiétude devant la menace de se faire rapatrier comme des centaines de milliers d'autres dont la situation n'avait pas été régularisée.

Selon le GARR ce sentiment d'angoisse est pour le moins bien fondé. Car, un mois et demi après la fin du PNRE le 17 juin 2015, la République Dominicaine avait intensifié le rapatriement des migrants et de leurs descendants, qui n'avaient pas pu intégrer ce plan. Entre les mois d'août 2015 et de juin 2017, plus de 199 638 personnes ont été ainsi enregistrées à travers divers points de passage frontaliers.

Le GARR encourage les deux États insulaires à engager un dialogue ouvert et franc en vue de définir de commun accord de meilleures stratégies pour aborder la situation des 239,000 migrant(e)s majoritairement haïtiens dont les permis expirent ce 17 juin 2017, ainsi que le cas de centaines de milliers d'autres qui n'avaient pas pu bénéficier du PNRE, en dépit du fait qu'ils travaillent en République Dominicaine depuis des lustres.

Il appelle enfin le gouvernement haïtien à aborder la question de la documentation des migrant(e)s haïtiens avec célérité, en tenant compte de tous les paramètres qui peuvent faciliter leur régularisation sur le territoire voisin. Il l'invite aussi à prendre des mesures efficaces pour que tous les nouveaux nés haïtiens, en Haïti ou à l'étranger, soient systématiquement et convenablement enregistrés de manière à rompre avec le cycle des sans-papiers.

LLM / radio / radio Métropole Haïti