L'insuffisance des services d'assainissement et le manque d'accès à l'eau potable entravent le développement de millions de personnes dans le monde précise une nouvelle étude de la Banque mondiale réalisée dans 18 pays, dont Haiti. Les pays devront dépenser 150 milliards de dollars par an pour atteindre d'ici 2030 l'objectif de développement durable (ODD) relatif à l'accès à des services d'eau et d'assainissement durables. C'est quatre fois plus qu'ils n'investissent actuellement dans l'approvisionnement en eau, l'assainissement et l'hygiène et ce chiffre, irréalisable pour la plupart, risque de compromettre les efforts d'éradication de la pauvreté.

Selon le rapport de la Banque mondiale les pays doivent mieux cibler les bénéficiaires pour être sûrs d'atteindre les populations qui ont le plus besoin de ces services et rationaliser l'utilisation des ressources afin d'assurer la pérennité et l'efficacité des services publics. Le rapport relève en outre la nécessité d'une coordination des interventions dans les domaines de l'eau, de la santé et de la nutrition pour avancer sensiblement dans la lutte contre le retard de croissance et la mortalité chez les jeunes enfants. L'amélioration des services d'eau et d'assainissement a certes un effet positif sur le bien-être des enfants, mais l'associer aux interventions visant la santé et la nutrition aura des effets bien plus importants sur leur avenir.

L'étude qui couvre 18 pays à travers le monde analyse de façon exhaustive les indicateurs de l'eau et de l'assainissement, en mettant pour la première fois en lumière des régions précises à l'intérieur des pays, dans lesquelles les services d'eau, d'assainissement et d'hygiène sont insuffisants. Elle souligne les écarts importants en la matière entre les zones urbaines et rurales, les zones pauvres et les autres.

L'étude relève particulièrement les disparités très marquées entre les zones urbaines et rurales. Dans l'ensemble des 18 pays, 75 % des personnes n'ayant pas accès à des services d'assainissement améliorés vivent en milieu rural et seuls 20 % de ces populations rurales ont accès à des sources d'eau améliorées.

En Haïti : l'accès à des sources améliorées d'eau potable a reculé au cours des 25 dernières années ; l'accès à des services d'assainissement améliorés se maintient à 33 % ; et le nombre de ménages ayant accès à une source d'eau améliorée à domicile est passé de 15 % à 7 %.

« Les services d'eau et d'assainissement doivent être considérablement améliorés pour éviter des conséquences désastreuses sur la santé et le bien-être. La diarrhée est aujourd'hui la deuxième cause de mortalité des enfants âgés de moins de cinq ans. Les enfants pauvres souffrent également de maladies intestinales qui, avec la sous-alimentation et les infections, sont responsables du retard de croissance. Nous mettons l'avenir de nos enfants en péril en leur refusant l' accès dans des conditions d'égalité aux services dont ils ont besoin pour réaliser leur potentiel », a observé Rachid Benmessaoud, directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Nigéria.

LLM / radio Métropole Haïti