Une délégation haïtienne, composée entre autres de cadres du Ministère de la Planification et de la Coopération externe, emmenée par le directeur général, Me Stevenson Jacques Thimoleon, est partie représenter la République d'Haïti à la première session du Groupe intergouvernemental d'experts du financement du développement, organisée au Palais des Nations à Genève (Suisse) du 8 au 10 novembre 2017.

Cette rencontre fait suite à la 3ème Conférence internationale pour le financement du développement qui s'était tenue du 3 au 16 juillet 2015 à Addis-Abeba et qui constituait une étape essentielle pour les Objectifs de développement durable par rapport aux engagements des deux précédentes conférences ayant lieu à Monterrey et à Doha.

A l'occasion de cette session, le Groupe intergouvernemental d'experts du financement du développement devra examiner, conformément au Programme d'Action d'Addis-Abeba, les obstacles rencontrés respectivement par les pays en développement et la communauté internationale à la mobilisation des ressources publiques intérieures et à la modernisation des finances publiques internationales en faveur du développement durable et de la coopération internationale pour le développement.

Comme cela a été signalé et constaté depuis quelques temps, l'aide publique au développement (APD) est largement insuffisante ; avec la raréfaction des ressources financières des donateurs traditionnels, il faut chercher à incorporer d'autres acteurs des pays plus développés, tels secteur privé, épargne solidaire, fondations et surtout soutenir la mobilisation des ressources locales des moins développés pour répondre financièrement aux ambitions des ODD.

Cela renvoie forcément à des réflexions sur la manière d'innover pour financer plus et différemment tout en soutenant la mobilisation des ressources locales. Afin qu'il soit pérenne et soutenable à long terme, le financement du développement doit pouvoir s'appuyer sur des ressources locales en hausse, notamment épargne locale et ressources fiscales, qui permettent de financer non seulement l'économie mais également de rembourser l'endettement extérieur du pays.

Il importe aussi d'accompagner par des financements et du renforcement de capacités tous les acteurs du développement : Etats, entreprises publiques, entreprises privées, secteur bancaire, ONG, dans leurs activités traditionnelles mais surtout dans leurs intentions d'appliquer des solutions innovantes pour répondre aux nouveaux enjeux du développement durable.

Le Groupe intergouvernemental d'experts, dans le cadre de ses discussions et consultations sur la modernisation de l'aide publique au développement et sur le rôle accru que pourrait jouer un financement mixte, devrait élaborer des recommandations pratiques sur la meilleure façon d'améliorer la mobilisation des ressources publiques intérieures dans les pays en développement et de maximiser la contribution de la coopération internationale en vue de garantir la transparence de nouveaux cadres.

Il devra en outre déterminer de façon précise et distincte les coûts et les avantages à long terme des différents types de flux financiers et d'instruments de financement pour le développement durable, ainsi que leurs véritables incidences sur le développement. C'est à cet exercice que vont s'atteler les différents membres de la délégation haïtienne qui participe à cette rencontre internationale.

EJ/Radio Métropole Haïti