La première grande manifestation contre la corruption s'est déroulée hier avec quelques incidents mineurs dans la capitale haïtienne. Les manifestants, formant un ensemble hétéroclites, ont réclamé l'arrestation de dirigeants politiques, de hauts fonctionnaires, d'entrepreneurs, de diplomates et de membres de l'opposition.

Des militants de partis politiques, des membres du secteur privé, des membres de syndicats d'ouvriers et des étudiants avaient pris part à cette marche.

La marche contre la corruption a été réalisée à l'initiative du Collectif du 4 décembre, organisation de la société civile regroupant entre autres des entrepreneurs et des intellectuels.

Des dirigeants d'associations d'étudiant de l'université d'état et d'autres manifestants, participant à la manifestation, ont réclamé des poursuites contre plusieurs hommes d'affaires haïtiens impliqués selon eux dans la corruption. Ils ont fait valoir que les politiques ne pouvaient seuls faire disparaitre plus de 3 milliards de dollars.

Le dossier de la mauvaise gestion des fonds de Pétrocaribe a été la toile de fond de la manifestation. Il s'agit notamment d'un outil important pour l'opposition qui réclame des poursuites judiciaires contre les personnalités épinglés dans le rapport notamment le chef de l'état Jovenel Moïse, son chef de cabinet, Wilson Laleau et l'ancien Premier Ministre Laurent Lamothe.

Dans cette optique la lutte contre la corruption est un argument pour l'opposition face au président Moïse qui se présente en champion de la lutte contre la corruption.

De plus au sein de l'opposition des militants accusent certains leaders d'avoir bénéficié de la corruption. M. Assad Volcy, leader influent du secteur populaire, a été pris a parti par des militants de l'opposition. Ils ont empêché a M. Volcy de participer à la manifestation estimant qu'il devrait être arrêté pour corruption.

Les manifestants accusent également des représentants de la communauté internationale et des diplomates d'être impliqués dans la corruption avec les entrepreneurs et les hauts fonctionnaires politiques haïtiens.

LLM / radio Métropole Haïti