En cette journée du 29 mars 2018 qui marque le 31ème anniversaire de la constitution de 1987, Défenseurs Plus observe avec beaucoup d'attention les diverses appréciations des secteurs et personnalités de la nation qui manifestent leur position, soit pour l'application ou l'amendement de celle-ci.

Le Collectif Défenseurs Plus tient à souligner que la constitution, appelée encore charte fondamentale de la nation, est située au plus haut niveau dans la hiérarchie des normes. Elle est la toile de fond de la société, elle jette les bases, les principes de fonctionnement dans les rapports privés ou publics dans la société.

En ce 31ème anniversaire de la Constitution, Défenseurs Plus, organisme de promotion et de défense des Droits Humains, croit qu'en dépit des tensions et émotions qui étaient à la base du vote de cette constitution, elle reste et demeure un rempart contre les violations des droits Humains et trace le chemin vers la démocratie et le développement. Après plus de trois (3) décennies, Défenseurs Plus constate que certains secteurs pour la plupart avec des idées cachées, d'autres avec l'envie d'un changement sociétal plaide pour l'amendement de la Constitution. Certains parlent même de la révision constitutionnelle ou de changement de régime politique.

La création des moyens pour des conditions de santé adéquate, une éducation de qualité, l'épanouissement du bonheur de la famille, le droit à un travail décent sont des garants de la constitution. Pourtant, 31 années après, les droits sociaux ne sont pas respectés. La population vit dans une misère à nulle pareille, l'insalubrité envahisse les espaces, la liberté d'expression prête à équivoque, 31 ans après.

Défenseurs Plus n'arrive pas à comprendre pourquoi l'idée de l'amendement de la constitution intéresse plus d'un au lieu de son application. 31 années après, nos départements, nos communes, nos sections communales sont pris au dépourvus et sont laissés à eux-mêmes. 31 années après, les autorités du pouvoir exécutif en complicité avec le pouvoir législatif, supporté par un nombre de secteurs anti-progressistes, refuse de travailler pour une décentralisation effective où les autorités locales seraient parties prenantes du développement, malgré l'injonction formelle de la constitution. Le blocage des résultats de l'élection des collectivités territoriales est une preuve vivante du refus de la décentralisation du pouvoir politique et de la décentralisation des services publics.

Contrairement à certains qui répètent farouchement que la constitution de 1987 est une source d'instabilité, Défenseurs Plus pense différemment. Il croit que c'est l'irrespect de la charte fondamentale de 1987, le manque de vigilance citoyenne et la complicité latente des hommes et des femmes puissants qui priorisent de manière à outrance leur intérêt clanique, qui est à la base des problèmes que confrontent la société Haïtienne.