Le Chef de delegation de l'Union europécnne à l'ONU, M. João Pedro Vale De Almeida, dans son intervention lors de la dernière réunion du Conseil de Sécurité sur la Minujusth a fait un plaidoyer pour des réformes structurelles en profondeur en Haiti.

Il a rappelé que le mandat principal de la MINUJUSTH est le renforcement de l'état de droit, de la police et la défense et la promotion des droits de l'homme. Il a constaté la fin d'un long cycle d'instabilité institutionnelle avec l'élection du Président Moïse et d'un nouveau Parlement. L'Union européenne s'en félicite et considère ce retour à un fonctionnement constitutionnel normal comme une condition sine qua non pour que le pays puisse faire face aux nombreux défis politiques, économiques, sociaux et environnementaux auxquels il est confronté, a t- il expliqué.

Toutefois, cette condition nécessaire n'est pas suffisante, a poursuivi le représentant jugeant que « les racines de l'instabilité sont encore intactes ». Il faut donc, d'urgence, des réformes courageuses » de la Constitution, du système électoral et du système judiciaire, en particulier pour assurer l'accès de tous à une justice impartiale, équitable et efficace, lance t-il.

Pour l'Union européenne, « des signes de la volonté de réforme ont été donnés, il faut désormais les concrétiser » et saisir l'occasion historique offerte par cette période de relative stabilité et de légitimité démocratique. Le représentant a insisté sur le caractère clef d'une « réforme consensuelle et profonde du système électoral ».

Il a appuyé le travail de la MINUJUSTH mais a estimé, malgré les progrès, que la « situation sécuritaire demeure très fragile ». Le représentant a donc jugé essentiel de compléter le travail de renforcement et de professionnalisation de la Police nationale haïtienne, d'insister sur une réforme de la justice et du système pénitentiaire et de consolider les droits de l'homme. Il faut pour cela à la Mission « une période de temps suffisante pour la transition des responsabilités à l'Équipe de pays », y compris pour assurer l'irréversibilité des réformes menées.

Tout en répétant l'appréciation positive de l'Union européenne face à la MINUJUSTH, M. de Almeida a estimé qu'il fallait « d'ores et déjà penser à l'avenir ». Dès lors, l'organisation de la transition de la Mission est fondamentale et, pour l'Union européenne, il faudra notamment accorder une attention spéciale au respect des droits de l'homme dans l'action sécuritaire et à l'accès à une justice impartiale pour tous.

Il est essentiel que la police et le système judiciaire haïtiens soient efficacement préparés à assumer toutes les tâches actuellement réalisées par la Mission, a-t-il averti. L'Union européenne soutiendra les autorités haïtiennes pour qu'elles puissent consolider leur engagement et leurs efforts, a conclu le représentant.

LLM / radio Métropole Haïti