Hier mardi 5 juin 2018 dans le cadre de la 48ème Assemblée Générale de l'Organisation des États Américains (OEA) à Washington D.C., la résolution portant sur l'illégitimité du processus électoral et l'exclusion du Venezuela de l'OEA, proposée par les Etats-Unis, a été soumise au vote des états membres.

Avec une majorité simple de 19 votes pour, 4 contres et 8 abstentions, l'OEA reconnait l'illégitimité du processus électoral au Venezuela. L'article 1 de la résolution stipule « le processus électoral tel que mis en œuvre au Venezuela, conclut le manque de légitimité puisqu'il ne respecte pas les normes internationales, que tous les acteurs politiques vénézuéliens n'y ont pas participé, et qu'il a été réalisé sans les garanties nécessaires pour un processus libre, juste, transparent et démocratique. »

Les états membres de l'OEA réaffirment que la réconciliation nationale ne peut être réalisée que par un dialogue national avec la participation de tous les acteurs politiques et parties prenantes vénézuéliens, par l'acceptation des conditions nécessaires pour organiser un nouveau processus électoral qui reflète véritablement la volonté des citoyens vénézuéliens, et par la résolution pacifique de la crise actuelle dans ce pays.

L'article 3 indique « qu'Il y a eu une altération inconstitutionnelle de l'ordre constitutionnel de la République bolivarienne du Venezuela, comme indiqué dans la résolution CP/RES. 1078 (2108/17) du 3 avril 2017. »

Selon l'article 4 les signataires de la résolution exhortent le gouvernement du Venezuela à prendre des mesures pour garantir la séparation et l'indépendance des pouvoirs constitutionnels et rétablir la pleine autorité de l'Assemblée nationale, la primauté du droit et garantir la liberté de la population. Ils exhortent aussi le gouvernement du Venezuela à autoriser l'entrée de l'aide humanitaire et à mettre en œuvre des mesures de surveillance épidémiologique dans son pays pour prévenir l'aggravation de la crise humanitaire et de santé publique, en particulier eu égard à la réapparition de maladies telles que la rougeole, le paludisme et la diphtérie.

La résolution invite les États membres à mettre en œuvre des mesures pour faire face à l'urgence épidémiologique au Venezuela, notamment en fournissant des médicaments, et d'envisager des contributions aux organisations internationales compétentes pour renforcer les capacités institutionnelles des pays d'accueil. La résolution charge le Conseil permanent d'identifier, en coordination avec les institutions interaméricaines et internationales compétentes, les mesures appropriées pour soutenir les États membres qui accueillent un nombre croissant de migrants et de réfugiés vénézuéliens.

Il est demandé aux États membres et observateurs à mettre en œuvre, conformément à leurs cadres juridiques respectifs et au droit international applicable, les mesures jugées appropriées aux niveaux politique, économique et financier pour contribuer au rétablissement de l'ordre démocratique au Venezuela. La résolution décide aussi de rester saisie de la situation au Venezuela afin de soutenir les actions diplomatiques et les mesures supplémentaires qui facilitent le rétablissement des institutions démocratiques et de la paix sociale et favorisent le plein respect des droits de la personne ainsi que la pleine validité de l'Etat de droit dans le cadre constitutionnel du Venezuela et en conformité avec ses obligations et engagements internationaux.

En son article 10, la Résolution appelle à l'application, en stricte conformité avec la lettre et l'esprit de la Charte démocratique interaméricaine, des mécanismes de préservation et de défense de la démocratie représentative prévus par ses articles 20 et 21.

Le nombre de votes est insuffisant pour obtenir l'exclusion du Venezuela, vote qui nécessite 2/3 des États membres (24 voix), mais ces 19 votes sont suffisants pour permettre d'avancer vers l'exclusion de la République bolivarienne de l'OEA.

Les États ayant voté pour la résolution (19) : Les Bahamas, Sainte Lucie, l'Argentine, les Barbades, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, les Etats-Unis, le Guatemala, le Guyana, le Honduras, le Panama, la Jamaïque, le Mexique, le Paraguay, l'Uruguay et le Pérou.

Les États ayant voté contre (4) : Venezuela, Bolivie, Saint-Vincent-et-les Grenadines et la Dominique.

Les États qui se sont abstenus (8) : L'Équateur, le Nicaragua, le Salvador, Haïti, la République Dominicaine, Belize, Saint Kitts and Nevis et Trinidad et Tobago.

LLM / radio Métropole Haïti