Les présidents des deux branches du Parlement haïtien expriment leur soutien à la poursuite de l'enquête sur la dilapidation des fonds de Pétrocaribe. Le président du Sénat, Joseph Lambert et celui de la chambre des députés, Gary Bodeau, ont fait écho hier des interrogations de plusieurs leaders de l'opposition et de la société civile. Où sont passés les fonds de Pétrocaribe, ont martelé séparément le sénateur Lambert et le député Bodeau.

Les deux parlementaires, alliés du parti présidentiel PHTK, nient une quelconque opposition aux investigations sur la dilapidation de plus de 3.8 milliards de dollars américains accordés à Haiti dans le cadre de l'achat de produits pétroliers vénézuéliens.

Le sénateur Lambert explique que le Sénat n'a pas tenté d'étouffer le dossier en renvoyant l'enquête à la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA). Il s'agissait de confier le dossier à l'institution constitutionnelle compétente, dit-il laissant entendre que cette décision a permis d'éviter un traitement politique à ce dossier financier.

Il donne l'assurance que le Sénat est disposé à acheminer le rapport de la Cour des Comptes aux autorités judiciaires afin d'approfondir l'enquête et de punir les coupables.

De son coté le président de la chambre des députés a laissé entendre que le régime politique institué par la constitution favorisait la corruption. Il se dit déterminé à encourager les enquêtes afin de faire la lumière sur tous les cas de dilapidations des fonds publics.

Ces déclarations constituent un tournant dans le cadre du dossier Pétrocaribe. Les deux présidents du Parlement ont exprimé ces positions favorables à l'enquête sur les fonds Pétrocaribe quelques semaines après celles du chef de l'état Jovenel Moïse.

En début d'année l'administration Moïse avait provoqué le rappel de la cheffe de la Minujusth qui avait exprimé une position favorable à une enquête sur le scandale Pétrocaribe. La diplomate onusienne avait souhaité qu'un juge soit nommé afin de lancer les investigations réclamées par de nombreux partis politiques et des organisations des la société civile.

LLM / radio Métropole Haïti