La Fondation Héritage pour Haïti (LFHH), branche de Transparency International, presse les autorités haïtiennes à adopter des dispositions en vue de l'aboutissement de l'enquête sur les fonds Pétrocaribe.

Dans une déclaration en date du 20 septembre 2018 les responsables de la Fondation Heritage expriment leur préoccupations en ce qui a trait à la capacité de la CSCCA à effectuer ce travail d'audit de manière célère et efficace vu les faibles moyens dont elle dispose tant au niveau de ressources humaines qu'au niveau des ressources financières ». Ils recommandent au gouvernement de lancer aussitôt « que possible un appel d'offres pour recruter une des branches locales de firmes internationales d'audit pour épauler la Cour dans cette tâche et pour servir de garantie additionnelle de l'indépendance de cette vérification ».

Selon la Fondation Heritage lorsque l'audit des dépenses effectuées dans le cadre du programme PétroCaribe sera terminé et que le rapport d'audit présenterait des indications probantes que des actes de corruption ont eu lieu, l'Unité de lutte contre la corruption (ULCC) et l'Unité centrale de renseignements financiers (UCREF) pourront diligenter leurs propres enquêtes sur les résultats de l'audit en vue de corroborer les faits de corruption (détournement, concussion, clientélisme, népotisme, blanchiment d'argent, etc.), d'identifier les responsables et d'acheminer ces dossiers concluants au parquet pour les suites et poursuites nécessaires ».

De plus la branche haïtienne de Transparency International suggère au président haïtien de solliciter auprès de l'OEA, de l'ONUDC et des États parties à la Convention interaméricaine contre la corruption (CIACC) et à la Convention des Nations unies Contre la corruption (CNUCC) leur appui, en matière de dépistage et de recouvrement des gains illicites déposés dans des comptes à l'étranger ».

Par ailleurs les responsables de la Fondation Heritage sont préoccupés par la tournure du mouvement de contestation. Ils s'inquiètent « de la tournure politique qu'a prise ce mouvement et le caractère agressif et revanchard qui se dessine de plus en plus vu que la CSCCA n'a même pas encore fini son travail de vérification ».

Ils mettent « en garde les politiciens et autres opportunistes qui s'acharnent à se bricoler un capital politique et /ou à détourner l'attention de leurs propres actes de fraude et de malversation en infiltrant ce mouvement de demande de reddition et leur rappelle que la population n'est pas dupe de ces manigances et les tient à l'œil ». Ils mettent aussi en garde les éternels « agitateurs et semeurs de troubles puissants (powerful spoilers) qui œuvrent dans l'ombre et se sont insinués dans ce mouvement citoyen pour fomenter un climat instable, violent et chaotique propice à leurs propres opérations louches et criminelles. Encore, la population n'est pas dupe et peut identifier les suspects habituels ».

En Haïti, le programme Pétrocaribe, qui était censé financer des projets sociaux, se chiffre à environ 1 705 423 180 dollars américains. Plus de 385 projets ont été financés à partir du fonds PetroCaribe de 2008 à 2016 sous les gouvernements des six premiers ministres suivants: Michèle Duvivier Pierre-Louis, Jean Max Bellerive, Gary Conille, Laurent Lamothe, Evans Paul et Enex Jean-Charles.

LLM / radio Métropole Haïti