Du 1er au 13 octobre 2018, l'atelier Sol Scène lance, avec le soutien de la FOKAL, TransDo, un projet de spectacle multidisciplinaire qui mêle comédiens, danseurs et chanteurs des deux côtés de l'île autour du souvenir du massacre de Perejil-.

Ce projet consiste en la première phase du laboratoire de recherche artistique autour du massacre de Perejil.

Ce lancement se résume en une série de manifestations, telles que : exposition, conférence, lecture scénique et restitution de la première étape de travail du laboratoire, qui se dérouleront dans différents endroits, notamment la FOKAL.

L'initiative est de Daphné Ménard qui, depuis plus d'un an, travaille avec son L'Atelier Sol Scène, sur un projet de création artistique autour de la transmission de la mémoire du massacre de Perejil qui s'est déroulé en République Dominicaine en 1937, sous la gouvernance de Rafael Trujillo. Dès son arrivée au pouvoir en 1931, ce dernier n'avait cessé de tenter de vider la République Dominicaine de la main d'œuvre haïtienne et de “dominicaniser”, “blanchir” le secteur de la canne. Le 2 octobre 1937, lors d'une fête en son honneur à Dajabón, le dictateur Rafael Trujillo Molina, prononce un discours qui marque le début de l'horreur à grande échelle et de la chasse à l'homme. Selon la majorité des sources disponibles, haïtiennes comme dominicaines, Trujillo conçoit et ordonne le massacre. Le “Massacre du Persil” - Perejil en espagnol – se déroule de la fin septembre à la mi-octobre 1937. Les militaires et les policiers dominicains demandent aux gens qu'ils croisaient de dire “Perejil”, mot difficile à prononcer pour qui avait appris l'espagnol tardivement. Ceux qui n'y arrivent pas sont identifiés comme Haïtiens et exécutés. Le massacre fait environ 20.000 victimes. La plupart des exécutions ont lieu entre le 2 et le 8 octobre, jour où le dictateur Trujillo ordonne l'arrêt du massacre suite à des interventions diplomatiques haïtiennes.

Il faut souligner que dans le cadre de cet exercice, sans vouloir effectuer un travail documentaire, la création, est abordée de manière très expérimentale et se base sur une recherche au niveau du corps comme outil d'archives organiques perpétuant l'histoire. Ceci afin de faire ressortir une matière artistique propre à l'enjeu de la situation encore aujourd'hui problématique entre Haïti et la République Dominicaine. Et peut-être parvenir à dépasser les barrières de nos différences et nous ouvrir à un avenir commun.

EJ/Radio Métropole Haïti