Une ambiance de contestation règne dans la capitale haïtienne et dans plusieurs villes de province moins d'une semaine avant une grande manifestation contre la dilapidation des fonds Pétrocaribe.

Les avocats du Barreau de Port-au-Prince et des leaders du mouvement évangélique haïtiens lancent des mots d'ordre de manifestation pour dénoncer le comportement de certains officiels.

Les activités des tribunaux de la capitale ont été paralysées mercredi et jeudi en raison de la grève d'avertissement des avocats qui réclament la démission du commissaire du gouvernement près le tribunal de Première Instance et la mise en branle d'une procédure judiciaire contre le directeur départemental de la Police. Le Barreau accuse le haut gradé de la PNH d'avoir tabassé le greffier en chef du tribunal et plusieurs avocats.

Les dirigeants de la plus grande eglise d'Haiti, Shalom Tabernacle de Gloire, critiquent vertement le gouvernement qui a instrumentalisé le fisc en vue de fermer l'église. Pasteur André Muscadin, qualifie d'injuste des factures illégales qui ont atteint plus de 3 millions de gourdes.

Il soutient que l'administration fiscale à deja obtenu un verdict de la Cour d'Appel autorisant la fermeture de la mission qui regroupe une eglise, deux stations de télévision et une radio émettant sur le territoire haïtien et sur internet.

Les dirigeants de Shalom envisagent de convoquer une grande manifestation contre le gouvernement de Jovenel Moíse .

Le principal leader de l'Opposition, Moïse Jean Charles, a apporté un support moral à pasteur Muscadin espérant que le gouvernement se rétractera. Pour M. Jean Charles le gouvernement devrait de préférence accorder des subventions à cette institution qui apporte une aide sociale et spirituelle aux vulnérables.

Perçu à tort ou à raison comme proche des leaders du parti PHTK, le pasteur Muscadin s'est réjouit de l'appui de leader de Pitit Dessalines.

De nombreux auditeurs de la radio ont exprimé leur détermination à participer à des manifestations anti gouvernementales.

Shalom bénéficie de l'appui de la Fédération des Églises du Nord et de plusieurs leaders réputés modérés dont le pasteur Gerald Bataille.

Outre les avocats et les pasteurs évangélistes, le mouvement de contestation bénéficie de l'implication des ouvriers du secteur Textile.

LLM / radio Métropole Haïti