Le ministre haïtien des finances, Ronald Décembre, a laissé entendre lors d'un point de presse hier que la hausse des prix de l'essence est inévitable. L'Etat ne pourra indéfiniment supporter les dépenses que provoquent le maintien à un niveau stable des prix des hydrocarbures.

Les autorités ne discutent plus de l'opportunité ou non d'ajuster les prix mais de la méthode qui permettra d'empêcher une détérioration des conditions de vies des couches les plus vulnérables de la population. M. Décembre insiste sur la nécessité pour que la subvention touche réellement les couches défavorisées.

Une des stratégies envisagées par le gouvernement est de subventionner le transport en commun. Les couches aisées et les classes moyennes qui utilisent des véhicules privées supporteraient le poids de la hausse des prix du carburant.

Le gouvernement fait montre d'une grande prudence sur ce dossier qui avait provoqué les émeutes du 6 juillet 201&.

Moins de trois mois après le gouvernement revient à la charge assurant qu'il est impossible de faire fonctionner l'état avec un manque à gagner de 20 milliards de gourdes. Il s'agit des montants non perçus sur la vente des produits pétroliers.

La situation qui s'est aggravée au cours des trois derniers mois ne devrait pas connaître une accalmie au cours des prochaines semaines.

M. Décembre a expliqué que l'État doit verser 2 milliards de gourdes à des compagnies pétrolières pour compenser les pertes sur la vente des hydrocarbures.

Ce montant prend en compte les subventions jusqu'à septembre 2018, a fait valoir M. Décembre annonçant le dépôt du projet de budget dans les prochains jours.

LLM / radio Métropole Haïti