Les relations privilégiées des dirigeants politiques avec les chefs de gang ont été pour la première fois sous les feux des projecteurs dans les médias au cours de cette semaine. Les révélations de la commission sénatoriale de justice et sécurité publique sur les contacts entre des officiels et le chef de gang de village de Dieu, Arnel Joseph, ont entraîné d'autres dénonciations.

Le président de la commission, Jean Renel Sénatus, a dénoncé l'ex député de Delmas, Arnel Bellizaire, d'être le fournisseur d'armes des chefs de gang de La Saline. Le sénateur Sénatus affirme que la location des armes rapporterait 400 000 gourdes par semaine à l'ex député.

De son côté l'ex parlementaire rejette ces accusations assurant qu'il n'a plus le controle de cette zone. Il souligne que les armes qu'il avait en sa possession ont été mises à la disposition de certains officiels.

L'ex député de Delmas accuse à son tour le sénateur Sénatus d'être en connivence avec Ti Frè le chef de gang de Base Pilate.

De l'avis de M. Bellizaire tous les leaders politiques ont des contacts avec ces individus qu'il considère comme des opprimés mal orientés.

Les révélations de la commission sur les contacts entre politiques et bandits armés ont provoqué un choc politique. Le sénateur Pierre François Sildor a révélé qu'il avait reçu un appel de Bougogne, le chef du gang de Grand Ravine qui sollicitait un appui financier. Le parlementaire assure avoir rejeté l'appel pour éviter d'être accusé de complicité avec les bandits.

Dans le même temps des responsables d'organisations de la société civile ont réclamé la levée de l'immunité du sénateur Gracia Delva afin qu'il puisse répondre de ses relations avec le chef de gang Arnel Joseph.

LLM / radio Métropole Haïti