L'ambassadeur des États Unis à Port-au-Prince, Michele Sison, encourage les efforts pour lutter contre la corruption dans le secteur de la justice. " Nous sommes tous conscients qu'un système judiciaire qui ne fonctionne pas en toute indépendance ouvre la porte à la corruption et est incapable de poursuivre efficacement les acteurs corrompus. Une justice sans éthique professionnelle limite l'accès à la justice, favorise l'impunité et érode la confiance du public dans l'équité et l'objectivité de ces décisions", a indiqué la diplomate américaine lors du forum de l'Association des Magistrats Haitiens (Anamah).

Selon une étude réalisée par la firme haïtienne Diagnostic and Development Group (DDG), en collaboration avec l'Arizona State University (ASU), 90% de la population préfère résoudre ses conflits en dehors de l'appareil judiciaire formel.

Consciente que la corruption entraîne une méfiance de la population, la cheffe de la représentation diplomatique américaine a fait état de l'appui de son pays à la réforme et au renforcément du système judiciaire. " Le gouvernement haïtien, avec l'appui du gouvernement des États-Unis, a mis en place une Commission Technique de Certification (CTC) et une Direction de l'Inspection Judiciaire au sein du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ)".

Elle rapelle que corruption, sous toutes ses formes et ses débouchés, entrave le développement; elle freine la croissance économique et bloque complètement nos efforts collectifs pour mettre fin à l'extrême pauvreté. Une bonne gouvernance et le renforcement d'institutions fonctionnant avec intégrité sont essentielles au succès, au bien-être et au développement durable à long terme de toute la région. Le gouvernement américain continue de soutenir la transparence et la reddition de comptes en Haïti, a t-elle ajouté.

Mme Sison a révélé que le gouvernement américain a collaboré avec le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) et le Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique pour élaborer un plan d'évaluation et un plan de carrière des juges et des magistrats. Ces processus d'évaluation sont nécessaires pour éviter les promotions et les révocations arbitraires, a expliqué Mme Sison.

LLM / radio Métropole Haïti