Les menaces de sanctions contre Haïti se précisent, en raison du retard pris par les autorités à fixer une date pour la tenue des prochaines élections. C'est l'essence d'une déclaration publiée ce 5 avril, par les congressmen Gilmanm Goss, Rangel Conyers et Delahunt.

Dans cette déclaration, les congressmen indiquent qu'ils ont été "indignés par les cas d'assassinats politiques" en rappelant celui de Jean Dominique, et du responsable du MPSN à Petit-Goâve, Légitime Athis.

Au cours du mois dernier, la situation politique s'est brusquement détériorée en Haïti, menaçant les progrès enregistrés par le CEP, en vue de la réalisation des élections. Ce scrutin doit permettre de rétablir le parlement et les institutions locales dans leurs fonctions. A côté des cas d'assassinats politiques, il faut aussi souligner les actes de violence qui ont marqué la vie en Haïti ces dernières semaines.

"Nous pressons fermement le Président Préval de restaurer l'ordre public, et à prendre une position ferme contre toute entrave au processus électoral" écrivent les congressmen.

Ils exigent du Président Préval, que "des enquêtes sérieuses et crédibles soient menées autour de ces assassinats". Toujours dans cette déclaration, les congressmen rappellent que l'OEA partage l'idée de la tenue d'élections rapides, pour que le nouveau parlement puisse entrer en fonction. Les congressmen estiment que le Conseil Electoral Provisoire a tout mis en oeuvre pour respecter ce délai.

"Le temps presse, le Président Préval doit agir vite, et travailler avec le CEP afin de fixer une date pour les élections, processus que l'OEA n'a pas cessé d'encourager" soulignent les congressmen. "Le peuple haïtien a beaucoup trop lutté pour voir que ses espoirs et de ses rêves soient ainsi détruits. Nous comprenons les difficultés qui entourent l'organisation des élections, toutefois, la non réalisation de ce scrutin ce mois-ci, va très sérieusement compromettre le support manifesté par le peuple américain et la communauté internationale à la cause haïtienne", écrivent les congressman.

"L'OEA est à quelques pas d'invoquer la "Résolution 1080" sur le dossier d'Haïti", déclarent les congressmen. Ils rappellent que cette résolution, tirée de la déclaration de Santiago, prévoit la réunion d'urgence des Ministres des Affaires Etrangères de l'OEA, pour décider d'actions collectives spécifiques, toutes les fois que la démocratie se trouve menacée dans un des pays membres. "Nous prions le gouvernement haïtien de prendre des mesures immédiates pour éviter une telle situation. Une attitude contraire mettrait fin au support des U.S.A. et de celui de la communauté internationale, support qui est d'une grande importance pour l'avenir d'Haïti".

Soulignons que la "Résolution 1080" a été appliquée pour la première fois en Haïti, lorsque les militaires avaient chassé le Président Aristide du pouvoir. L'application de cette résolution avait valu un embargo économique des pays membres de l'OEA contre Haïti, embargo qui allait être transformé en embargo total avec l'entrée en scène du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

Les signataires de cette déclaration sont Benjamen Gilman, Président de la Commission des Relations Internationales, Porter Goss, républicain, et trois démocrates, dont Charles Rangel et John Conyers, qui avaient combattu au congrès pour le retour du Président Jean Bertrand Aristide au pouvoir, en octobre 1994.