Les différents Cours et tribunaux dans les 18 juridictions étaient paralysés pour la 8 ème journée de la grève des trois principales associations de juges. Dans certaines juridictions les Parquets, qui dépendent du ministère de la justice, ont fonctionné normalement.

Les dirigeants de l'association des professionnels de Magistrats (APM) et de l'Association Nationale des Magistrats Haitiens (ANAMAH) annoncent la poursuite de la grève jusqu'à satisfaction de leurs revendications. Après une semaine de paralysie du système judiciaire le gouvernement n'aurait entrepris aucune négociation en vue de trouver une issue à la crise.

Le président de l'Anamah, M. Jean Wilner Morin, critique le comportement des leaders de l'exécutif. Il soutient que leur objectif n'est pas de paralyser le système judiciaire mais d'améliorer sa performance.

Dans un communiqué le CSPJ a constaté la paralysie du système judiciaire et appelé le gouvernement à adopter des dispositions pour remédier à la situation.

Interrogé sur les conséquences de la grève sur les justiciables, le juge Morin a fait valoir que l'exécutif, qui refuse toute négociation, est le seul responsable de la souffrance des justiciables.

Au tribunal de première instance de Port-au-Prince plusieurs avocats ont déploré la poursuite de la grève qui pénalise leurs clients. Ils disent toutefois comprendre les revendications des juges.

Les magistrats réclament le versement des arriérées de salaire pour les magistrats débouts et le renouvellement des mandats des juges certifiés par le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ). Les juges réclament également le retrait du juge Patrick Rameau Metellus à la présidence de la Cour d'Appel de Port-au-Prince. Il avait été nommé sans un avis conforme du CSPJ.

Les associations de magistrats observent une deuxième semaine de grève afin de réclamer des réformes garantissant l'indépendance réelle du pouvoir judiciaire.

LLM / radio Métropole Haïti