L'Ambassadeur du Canada auprès des Nations Unies, Marc-André Blanchard, Président du Groupe consultatif « ad hoc » du Conseil économique et social (Ecosoc) sur Haïti, a indiqué hier que son groupe est préoccupé par la détérioration de la situation politique, économique et sociale dans le pays.

" Tous les gens que nous avons rencontrés en Haïti ont convenu que l'exclusion et les inégalités économiques sont les causes fondamentales de l'instabilité politique et de la détérioration de la situation en matière de sécurité." De l'avis de M. Blanchard, qui avait effectué une visite d'évaluation en Haiti la semaine écoulée, " il y a un lien direct entre la violence et le fait qu'il n'y a aucune perception d'un avenir économique pour beaucoup de gens. Le désespoir pousse les gens à la criminalité".

" Il y a une profonde crise institutionnelle, de gouvernance et d'État de droit qui découle d'une situation économique de plus en plus difficile, d'un processus politique bloqué et d'un sentiment omniprésent d'exclusion sociale", a laissé entendre M. Blanchard.

Intervenant lors d'une réunion informelle au Conseil économique et social, M. Blanchard a soutenu que les Nations Unies, qui sont en transition vers une présence sans une opération de maintien de la Paix en Haïti, devraient se pencher sur les causes profondes des problèmes dans le pays. " Nous voulons nous assurer que nous ne traitons pas que certains des symptômes. Mais nous nous attaquons aux causes profondes des problèmes en Haïti", a dit le représentant canadien à l'ONU faisant valoir que la violence des gangs en Haïti n'est pas poussée par les barrons de la drogue. " Il semblerait que certains partis politiques et certaines parties du monde des affaires l'aient alimenté. Alors vous avez affaire à une situation complètement différente", a t-il conclu.

LLM / radio Métropole Haïti