La commission de désarmement démobilisation et démantèlement (CNDDR) est confrontée à d'énormes difficultés dans ses efforts visant à rétablir la paix dans les quartiers populeux. Les obstacles viennent de toutes parts, indique Jean Rebel Dorcénat, membre de la commission.

Il révèle que des membres des élites économiques et politiques constituent les principaux obstacles au programme de désarmement. Certains patrons de gangs ont empêché la poursuite des négociations en cours avec des chefs de gang, a dit M. Dorcenat qui s'est gardé de révéler des noms de personnalités.

Des officiels de l'exécutif, des parlementaires et des entrepreneurs sont les principaux bénéficiaires de cette situation néfaste pour l'économie nationale, dit-il.

Selon M. Dorcenat le chef de l'état Jovenel Moïse manifeste une volonté réelle de trouver une solution à la prolifération des armes. Toutefois il regrette que certains proches du chef de l'état ne manifestent pas un engagement dans cette lutte. Il regrette que deux véhicules promis n'aient toujours pas été livrés.

Impliqué directement dans les négociations avec les chefs de gang, M. Dorcenat assure avoir eu des échanges directs avec 80% des groupes armés. Il a répertorié 93 gangs sur l'ensemble du territoire.

Le principal problème pour la commission est la vente de munitions. Il souligne que ces gens ne se soucient que des profits que leur rapporte la vente de munitions.

M. Dorcenat donne l'assurance que la CNDDR peut réinsérer dans la société un grand nombre de jeunes impliqués dans les gangs. Il insiste sur la nécessité d'obtenir les ressources nécessaires pour offrir des opportunités à ceux qui ne sont pas recherchés par les autorités judiciaires.

LLM / radio Métropole Haïti