Les membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont exprimé hier leur inquiétude pour l'avenir d'Haïti, qui s'apprête, après 15 années, à vivre pour la première fois sans mission de maintien de la paix.

Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, M. Jean-Pierre Lacroix, le représentant d'Haïti, Patrick Saint Hilaire, et les représentants de plusieurs états ont indiqué que la transition vers le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) s'effectue dans un contexte difficile, marqué par une crise multidimensionnelle qui associe l'impunité, la corruption, la violence -notamment celle des gangs- à une grave crise institutionnelle, aggravée par une situation économique et humanitaire désastreuse.

Dans un pays sans gouvernement depuis sept mois, les tâches clefs de l'exécutif, comme la conclusion d'un budget indispensable à la marche de l'État, restent dans l'impasse, a insisté Jean-Pierre Lacroix, en présentant le dernier rapport du Secrétaire général sur la MINUJUSTH.

Le Secrétaire général adjoint a évoqué un cercle vicieux par lequel l'insécurité alimente l'instabilité politique et génère une paralysie générale. Haïti continue d'avoir besoin du soutien de la communauté internationale et des Nations Unies, a-t-il constaté, assurant à cette occasion que la fin du maintien de la paix ne signifierait pas la fin des efforts de l'ONU pour honorer les droits des victimes du choléra et des atteintes sexuelles.

Les membres du Conseil ont principalement insisté sur deux urgences pour résoudre toutes les autres: la formation dans les plus brefs délais d'un nouveau Gouvernement et le renforcement de la Police nationale haïtienne pour garantir l'ordre public et institutionnel.

LLM / radio Métropole Haïti