La Direction Nationale de l'Eau Potable et de l'Assainissement (Dinepa) change de stratégie en vue de réaliser des travaux de rénovation des infrastructures hydrauliques dans les quartiers populeux sur les hauteurs de la région métropolitaine de Port-au-Prince, contrôlés par des groupes armés. Pendant plus de deux ans les travaux n'ont pu être réalisés en raison de l'impossibilité pour les forces de l'ordre de garantir la sécurité des techniciens de la Dinepa et des firmes impliqués dans les travaux.

Les tentatives se sont révélées infructueuses tandis que les pertes en raison des connexions clandestines sont exponentielles. Dans ces quartiers de non droit dont les hauteurs de Bolosse, Bizoton, Diquini jusqu'a Mariani, les chefs de gangs perçoivent les frais mensuels pour l'eau et l'électricité.

Les responsables de la Dinepa ont, dans le cadre d'une nouvelle stratégie cette fois ci conciliante, sollicité l'expertise de la Commission Nationale de Désarmement Démantèlement et Réinsertion (CNDDR) en vue de s'assurer de la réalisation des travaux. Un protocole d'accord a été signé avec la commission qui pourra faciliter les échanges entre la Dinepa et les maitres des lieux.

Les divers aspects de l'accord, qui ne sont pas révélés au public, pourraient inclure la sécurité des techniciens en échange d'avantages financiers pour les chefs de gangs. La CNDDR est la seule entité étatique ayant un contact étroit avec les chefs de gang. L'un des commissaire, Jean Rebel Dorcenat, assure avoir eu des échanges avec plus de 70% des chefs de gangs.

Les travaux financés par plusieurs partenaires, dont la coopération espagnole, devraient s'échelonner sur 24 mois.

LLM / radio Métropole Haïti