L'économiste Kesner Pharel attribue l'appréciation de la valeur de la gourde de 20% par rapport à celle du dollar, ces deux dernières semaines, à la spéculation. Selon lui les mêmes spéculateurs qui recherchaient un plafond les jours précédents, tentent maintenant d'atteindre un plancher pour maximiser leurs profits.

S'exprimant ce vendredi, dans le cadre du bilan économique qu'il présente deux fois par semaine durant le journal du matin de Radio Métropole, Kesner Pharel a estimé que le rythme de la baisse constatée était loin de refléter la réalité économique du pays. Il craint donc qu'une bulle spéculative se constitue et qu'à terme, en se dégonflant, elle porte aussi atteinte à l'économie nationale.

On ne stabilise pas la monnaie par des décrets ou des effets d'annonce
Par ailleurs, l'analyste économique pense que le gouvernement tente d'adresser un message de rigueur au marché en décidant de fermer les engagements de l'exercice fiscal 19-20, ce 04 septembre. Pour lui, cette décision laisse prévoir un contrôle rigoureux des dépenses publiques au cours de ce mois.

Selon l'économiste, il s'agit d'une nouvelle mesure prise pour stabiliser le marché des changes. Mais il déclare « qu'on ne stabilise pas la monnaie par des décrets ou des effets d'annonce ». L'environnement des affaires reste mauvais actuellement en Haïti. Ce qui fragilise une relance de l'économie à partir du secteur privé, conclut Kesner Pharel.

AL / radio Métropole Haïti