C'était l'un des engagements du premier ministre Joseph Jouthe lors de son installation à la primature, retirer les dossiers de l'état dans la rue, le chef du gouvernement voulait que les linges sales se lavent en famille.

Mais quand c'est le président de la République qui décide lui-même de réfléchir à haute voix et de vider le fond de sa pensée sur FB et sur Youtube en direct, le premier ministre peut-il toujours tenir cet engagement ?

Malgré les précautions prises par le chef de l'état pour expliquer qu'il n'a rien contre les conseillers de la cour des comptes mais questionne plutôt la loi traçant les procédures qu'il considère comme un élément de blocage, la réaction de la CS/CCA est quand même assez musclée et les conseillers estiment avoir été visés allant jusqu'à affirmer craindre pour leur vie désormais.

C'était le Week-end de Jovenel Moise, le chef de l'état a occupé l'espace médiatique et la toile avec ses déclarations les unes plus fracassantes que les autres ; mobiliser l'armée contre les bandits, inviter ceux qui avaient financé sa campagne à se débarrasser du bras qui a donné l'argent, menacer de « chavirer » ceux qui utilisent le taux de change pour le renverser, souhaiter la modification des lois régissant la cour des comptes, autant de chefs-d'œuvre proposés par le président en seulement trois jours et qui ne sont pas sans conséquences.

Dans l'opinion publique, les propos du chef de l'exécutif sont perçus comme une confirmation que ce pouvoir fait tout pour affaiblir les institutions de contrôle afin de couvrir ses actes de corruption. Des petrochallengers, des organismes de défense des droits humains entre autres se disent renforcer dans leur conviction qu'au sommet de l'état, la corruption prend racine. Maintenant que la cour des comptes a réagi dénonçant une velléité de l'exécutif de mettre à mal l'institution et se questionne sur les raisons de ces attaques, les opposants au pouvoir en place trouvent une autre arme, un autre dossier sur lequel se capitaliser.

Les conseillers ont-ils réellement pris le temps de bien comprendre l'intervention du président et peser leur position ? La réaction de la cour est-elle proportionnelle à l'idée exprimée par le locataire du palais national ? Le chef de l'état était-il obligé de se mettre dans la position de devoir expliciter ses propos? Des questions qui seraient légitimes. Mais la vraie interrogation demeure : qui paie le prix quand les autorités se chamaillent sur la place publique comme des enfants sur la cour de récréation.

On dit toujours que dans une maison, les adultes doivent donner l'exemple, le ton, sinon il sera plus difficile de reprocher aux enfants leurs comportements.

Luckner GARRAUD Journaliste Radio/Télé Métropole Publicitaire/MC (509) 3714 4958 garluck4@yahoo.fr