Les images sont choquantes, elles provoquent de la colère chez certains, de la pitié chez d'autres ; regarder des écoliers en uniforme saccager des établissements scolaires, tabasser un directeur d'école ou encore résister aux pluies de gaz lacrymogène de la police peut être un exercice qui provoque des réactions différentes dépendant de la position, du statut ou de la situation du spectateur.

La pratique n'est pas nouvelle. Il y a 20, 25 ans, des lycéens étaient déjà dans les rues pour réclamer la présence de professeurs dans les salles de classes. Aujourd'hui que l'histoire se répète, elle lève le voile sur un certain nombre de malaises qui rongent le pays.

D'abord la faiblesse de l'état. Pourquoi laisser les mêmes causes produire les mêmes effets 30 ans après ? Pourquoi le ministère de l'éducation n'arrive pas à gérer l'enseignement public, solutionner des problèmes identifiés et qui handicapent sévèrement le système ?

Parallèlement, ce qui se passe à travers les rues de la capitale et de certaines villes de provinces ces derniers jours révèle également, le degré d'insouciance et d'irresponsabilité de certains. Comment des professeurs peuvent-ils utiliser des enfants, des adolescents pour défendre des intérêts inavoués. C'est le ministre de l'éducation lui-même qui a affirmé qu'il y a des mains cachées derrière ce mouvement et cette affirmation semble trouver écho. Alors, qu'un enseignant/syndicaliste/opposant puisse pousser des élèves, pas seulement à manifester, mais aussi à utiliser la violence pour arriver à ses fins politique remet en question la notion même d'éducation ou d'enseignement dans le pays.

Une troisième réalité mise sous les projecteurs par cette regrettable situation : le poids des inégalités sociales et leurs conséquences sur la société. Au-delà de l'incapacité du ministère à garantir la présence de professeurs dans les salles de classe ou la méchanceté de ceux qui en profitent pour manipuler les élèves, il y a aussi, selon plus d'un, ce sentiment de haine chez cette catégorie d'écoliers du système public qui voit ceux du privé comme des privilégiés, parce qu'ils ne partagent pas son calvaire, ses manques et ses préoccupations. Pourquoi un groupe peut avoir bouclé l'année académique à temps malgré le Coronavirus et d'autres non ; comment des écoles dans certaines zones peuvent-elles fonctionner alors que d'autres sont obligées de fermer leurs portes à cause des actes d'insécurités se demandent certains ?

La société est malade, les signes et symptômes qui le confirment sont nombreux. Cependant, le remède semble difficile à trouver, les leçons ne sont pas apprises et la maladie s'aggrave.

Luckner GARRAUD Journaliste Radio/Télé Métropole Publicitaire/MC (509) 3714 4958 garluck4@yahoo.fr