Ils avaient annoncé qu'ils allaient frapper à nouveau 48h avant, les menaces étaient tellement pesantes que certaines institutions dont des écoles ont décidé de garder leurs portes fermées ; cependant, lorsque les fantômes se sont déployés lundi matin, les autorités notamment policières semblent avoir été surprises.

La démonstration de samedi était une de plus voire une de trop selon plus d'un. Les membres du groupe 509 fantômes qui se présentent comme des policiers ont déjà prouvé de quoi ils étaient capables. Faire annuler le carnaval de Port-au-Prince, provoquer la reconnaissance du SPNH17, attaquer des ministères à plusieurs reprises devraient suffire à convaincre les dirigeants sur la menace que représente ce groupe.

Cependant, les autorités ne donnent pas l'impression d'avoir pris au sérieux les annonces des Fantômes et la Capitale a encore payé le prix. Cet énième épisode de tension, de peur et de panique à Port au Prince a fait ressurgir une question posée déjà à plusieurs reprises : qui gère la cité, ou encore la cité est-elle seulement gérée ?

Depuis quelques temps, les haïtiens sont obligés d'adopter la formule du « chacun pour soi » face à l'incapacité de l'état à garantir leur sécurité. Quand les rumeurs circulent sur les réseaux sociaux, ceux qui le peuvent restent tout bonnement à la maison, ceux qui sont obligés de sortir s'informent à chaque seconde, la peur au ventre. Les journées de tensions dans la capitale deviennent presque norme et c'est au citoyen de s'arranger. Combien de femmes seules au volant ont dû faire demi-tour en catastrophe, combien d'écoliers ont vécu l'enfer sous des rafales de tirs, combien de modestes citoyens ont dû regarder leur véhicule partir en fumé sans pouvoir compter sur l'intervention salvatrice des forces de l'ordre.

Port-au-Prince porte encore les cicatrices des différentes sorties des Fantômes, ils sont pour la plupart connus, identifiés, ils agissent en plein jour, face aux caméras, parfois, devant les agents de police en service ; cependant, aucune arrestation n'est effectuée jusqu'ici ; les autorités déplorent, qualifient et annoncent ; les citoyens se plaignent, s'offusquent, s'adaptent et s'arrangent jusqu'à ce que se présente l'occasion pour certains d'échanger l'enfer contre des cieux plus cléments.

Luckner GARRAUD Journaliste Radio/Télé Métropole Publicitaire/MC (509) 3714 4958 garluck4@yahoo.f