Haïti a encore signé un protocole d'accord jeudi pour augmenter l'effectif de la PNH, le Canada met 12 millions de dollars sur la table pour l'atteinte de cet objectif. Chef du CSPN, Directeur général de la PNH ont tous pris cet engagement auprès du bailleur comme si tout allait bien au sein de l'institution.

Il y a peu, le premier ministre Joseph Jouthe a déclaré que la police était disloquée, que chaque autorité avait sa part de police dans sa poche ; si c'est le chef du Conseil Supérieur de la Police Nationale qui le dit, ça doit être vrai. Parallèlement, la PNH fait face tout carrément à une rébellion. Quand des policiers peuvent utiliser, au vu et au su de tout le monde, l'uniforme de l'institution et leurs matériels de service pour créer la terreur ou détruire des biens publics, il est clair que le haut commandement a perdu le contrôle de sa troupe. Alors cette PNH, a-t-elle juste besoin de plus d'hommes ou doit-elle être tout bonnement sauvée ?

Mais il faut aussi se poser la question, qui va la sauver ? À entendre le chef du CSPN, c'est le constat qui est posé mais les prescriptions pour traiter le mal ne sont pas encore rédigées. Chaque autorité détient sa part de police a-t-il informé, combien de temps encore cette situation va-t-elle durer ? Ces autorités sont-elles des intouchables ? Pourquoi malgré le diagnostic posé, la pratique perdure ? Et si ces autorités qui ont créé ces clans au sein de la PNH sont celles qui peuvent ou qui auraient dû la sauver ?

En tout cas, le protocole d'accord étant signé, l'engagement est pris de renforcer la police notamment en augmentant son effectif, il est temps de passer à autre chose ; d'ailleurs, des casseroles sur le feu, ce n'est pas ce qui manque ; un CEP à donner au bon vieux Oncle Sam, une constitution à laisser en héritage, une promesse de courant 24h sur 24 à honorer…. Le gouvernement, disons mieux, l'exécutif a les mains bien remplies et peu de temps pour tout liquider.

Luckner GARRAUD