Depuis le dernier épisode de « pays lock » de septembre à novembre 2019, le président Jovenel Moise semble avoir moins d'épines dans le pied ; c'est comme s'il avait trouvé la formule pour faire taire les rues.

Alors qu'il était attendu à certains tournants, notamment le 13 janvier, le chef de l'état a constaté la caducité du parlement et profite encore du boulevard qu'il s'est créé depuis. La soumission en Aout du troisième rapport de la cour des comptes sur l'utilisation des fonds PetroCaribe était encore une occasion pour les opposants de relancer la mobilisation antigouvernementale, mais les initiatives se sont dissipées aussi vite que le document a atterri au fond des tiroirs.

En effet, s'il n'y a pas eu de grands mouvements de protestation ce n'est pas par faute pour l'opposition d'avoir essayé. Il y a eu plusieurs calendriers de mobilisation à être communiqués, plusieurs dates à marquer mais toutes les tentatives se sont révélées quasiment vaines.

Le chef de l'état entretemps appui sur l'accélérateur, monte son CEP, lui consacre des missions en dehors de la constitution, le président Jovenel Moise fanfaronne, claironne a qui veut l'entendre qu'il a battu le système, recommence à multiplier les promesses ; Tom Malè « Manmie Pwela » dirait certainement que l'élu du PHTK a trouvé la recette du « Sirop Tu Voudras » et s'en est servi.

Cependant, alors que l'opposition politique peine à trouver la cohésion nécessaire pour faire pencher la balance, certains incidents ou certaines actions viennent secouer le lit de l'exécutif.

Depuis l'assassinat de Me Monferrier Dorval, le pouvoir en place a un nouvel adversaire déclaré, le barreau de Port-au-Prince. Au lendemain même du drame les hostilités étaient lancées ; l'exécutif est tenu pour responsable du meurtre du Bâtonnier et plus d'un mois après, le barreau n'en démord pas. Les actions du bâtonnier a.i, Me Marie Suzie Legros lundi à la cour de Cassation confirme le malaise. A deux reprises, les avocats ont marché Port-au-Prince et le pouvoir était égratigné dans les revendications surtout quand des militants s'incrustent.

Comme si le barreau n'était pas un adversaire de taille, le palais vient de réveiller la colère des étudiants de l'université d'état. A tort ou à raison, l'exécutif fais les frais du meurtre de Gregory St Hilaire, 29 ans, par un agent de l'USGPN selon les premières informations. Plus que les étudiants, c'est la communauté universitaire qui est remontée ; la note signée de plus de 200 professeurs est assez acide pour le confirmer. Les manifestations organisés par les camarades de la victime sont lourdes de conséquence notamment avec des véhicules incendiés et des pare brise cassés.

Le diable se trouve dans les détails, dit-on. Ceux-là ne sont peut être pas assez de taille pour bouleverser le palais national mais entretemps ils occupent l'actualité et continuent de provoquer de l'indignation chez certains et de la colère chez d'autres.

EJ/Radio Métropole Haïti