La position de principe des Etats unis qui réclament des élections n'est pas antinomique de celles de l'ONU ou de la France, qui estiment qu'un accord préalable est nécessaire, selon l'analyse de l'ancien diplomate Pierre Antoine Louis.
Intervenant ce mercredi, pendant le journal de Radio Métropole, il a reconnu que les opinions exprimées par la communauté internationale, ces derniers temps, présentent des nuances, qu'il a attribuées à l'absence de leadership de la part des Etats unis, dans le dossier haïtien.

« Les Etats unis ont adopté une position de principe en faveur d'élection en Haïti, mais ne peuvent aller plus loin du fait de leur soutien à Jovenel Moïse. Les opinions de l'ONU ou de la France qui prônent un accord, sont complémentaires. » explique-t-il.
Si l'ONU réclame une entente politique avant la tenue d'élections, elle le fait après avoir étudié les conclusions du rapport d'Helen La Lime, la responsable du BINUH, qui est américaine, rappelle l'ancien fonctionnaire international. Elles sont donc approuvées discrètement par la diplomatie américaine, juge-t-il.
La communauté internationale est lasse des problèmes politique en Haïti et sait qu'en l'absence d'accord, seule une intervention musclée garantira la tenue d'élections ajoute Pierre Antoine Louis.
Dans le même temps, le chef de l'état a déjà compris qu'une entente avec l'opposition est indispensable, il utilise la position de la communauté internationale pour faire pression sur cette dernière, juge le diplomate.
Au sein de l'opposition, l'échec cuisant des dernières manifestations et la défection récente de Kelly C.Bastien sont des signes qu'une mésentente profonde règne.

« La situation économique s'améliorant légèrement, le moment est idéal pour que la classe politique haïtienne s'entende enfin » conclut l'ancien diplomate américain, Pierre Antoine Louis.

AL / radio Métropole Haïti