L'ancien ministre de l'intérieur Réginald Delva a estimé ce lundi pendant le journal du matin de Radio Métropole, que le pic observé actuellement en matière d'insécurité était lié à une absence de la police.

« Désormais les bandits ont un meilleur contrôle du terrain, déserté peu à peu par la police, et surtout, leur système de renseignement est bien plus efficace que celui des forces de l'ordre. En l'absence d'une réponse efficace de la part des autorités, les gangs donnent l'impression d'être devenus une force autorisée » a-t-il expliqué.

La Police doit mieux communiquer et identifier ses points de contrôle de manière visible pour éviter toute confusion avec les barrages mis en place par les bandits, selon le consultant en questions de sécurité qui réclame aussi une plus grande présence policière dans les rues.
Des promesses non tenues à l'origine de l'insécurité
Les groupes armés locaux se plaignent régulièrement des promesses non tenue par les autorités révèle l'ancien secrétaire d'état à la sécurité publique. Il attribue donc la tension globale observée actuellement dans les rues à des négociations entre politiques et gangs qui marginalisent la PNH :

« Le chef de l'état reporte la pression sur le premier ministre. Ce dernier ne peut plus se contenter de gérer la sécurité du pays dans l'opacité la plus totale en tenant conseil avec les mêmes intervenants qu'il y a 20 ans. Il est nécessaire de rompre avec certaines pratiques qui mettent en cause la sécurité des simples citoyens »

L'augmentation des effectifs de l'armée ne va rien changer à la problématique de l'insécurité en Haïti, déplore–t-il, car selon lui les missions de cette force ne sont toujours pas définies à l'heure actuelle.
Faute d'un plan global de sécurité qui attribuerait des missions claires à chacun, aucune amélioration n'est à prévoir, juge Réginald Delva.

AL / radio Métropole Haïti