Le président de la chambre de commerce et d'industrie d'Haïti, Franz Bernard Craan dénonce l'intervention mardi, du ministre Jonas Coffy, au niveau de Canez Construction et ses accusations contre les responsables de cette entreprise :
« Ce qui s'est passé est illégal, inqualifiable et arbitraire. Le ministre dit un peu n'importe quoi, je questionne ses déclarations » a déclaré le responsable mercredi pendant le grand journal du soir de Radio Métropole.

Mardi, au terme d'une inspection, le ministre du commerce a fait procéder à l'arrestation de Xavier Auguste, l'un des responsables de Canez Construction, pour spéculation illicite, parce qu'il n'avait pas encore fait ré-étiqueter la totalité des produits mis en vente. Cette intervention a suscité une vive tension à Delmas 4, zone où est implantée l'entreprise. Des tirs d'armes automatiques ont été entendus pendant un long moment, ce que Jonas Coffy a assimilé publiquement à une tentative assassinat.
Rappelant que le protocole d'entente signé par les autorités et le secteur privé prévoit l'affichage des prix en gourdes dés que la monnaie nationale se sera stabilisée, Franz Bernard Craan argue que les fluctuations de la gourde se sont poursuivies jusqu'à la semaine dernière et que beaucoup d'entreprises n'ont pas encore eu le temps d'effectuer la modification complète de l'affichage des prix de leurs produits.
Toutefois, pour le responsable, il apparaît clairement que la baisse des prix ne sera pas proportionnelle à l'appréciation de la gourde, puisque que cette appréciation entraîne une augmentation de certains frais supportés par les commerçants.
En attendant le responsable insiste :
« Ce ne sont pas les menaces, les déclarations et les actions intempestives qui vont accélérer le ré-étiquetage dans les magasins. Celui-ci ne peut être que progressif. Il est normal que l'état protège les consommateurs, mais il ne doit pas entreprendre d'action arbitraire contre les commerçants. »

Par ailleurs, Franz Bernard Craan invite les autorités à relire le code d'investissement. Ce document garantit la libre entreprise, la libre disposition des biens et produits à ces entreprises et interdit à l'état de s'ingérer dans leur gestion, précise-t-il.
Quant au taux de référence de la banque centrale. Il demeure indicatif, les entrepreneurs n'ont pas d'obligation légale de calculer leurs prix par rapport à lui, a-t-il ajouté.

AL / radio Métropole Haïti