Maître Sonet Saint Louis, professeur de droit à l'université d'état d'Haïti, estime que les initiatives du président Jovenel Moïse sont vouées à l'échec :

« On va dans le mur, pourquoi ? Parce que l'on n'a pas l'habitude de dialoguer et de faire des compromis. Chacun cherche à imposer son propre thème de dialogue à l'autre. »
Le chef de l'état a formé son propre CEP et l'a doté de sa feuille de route, note maître Saint Louis qui s'étonne qu'il veuille lancer le dialogue maintenant que toutes les décisions ont été prises.
Concernant un éventuel amendement de la constitution de 1987, le juriste estime qu'il était nécessaire, avant toute chose, de rechercher la légitimité politique à travers un accord :

« Lorsque le chef de l'état a choisi de passer à côté de la procédure d'amendement, le pays est entré dans le désordre et l'anarchie juridique, de plus cet acte constitue un précédent fâcheux. »
Comment peut-il y avoir des élections dans un pays que l'état ne contrôle même pas s'interroge maître Saint-Louis qui constate que certaines zones sont impossibles d'accès en raison de l'insécurité. Comment donc y faire campagne, se questionne-t-il.
Le désaccord sur la date de la fin du mandat du président Moïse va faire de 2021, l'année de tous les dangers, assure le professeur de droit. Comme souvent, le peuple sera l'arbitre des incohérences des puissants conclut maître Sonet Saint-Louis, qui était invité ce mercredi, à la rubrique le Point de Radio Métropole.

AL / radio Métropole Haïti