Le chef de l'état, M. Jovenel Moïse et l'opposition ne parlent pas le même créole sur la totalité des thèmes nationaux. En ce qui a trait à la modification de la législation sur la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA), le président Moïse et le dirigeant politique, M. André Michel, expriment des avis diamétralement opposés.

Pour le président Moïse la Cour pourra améliorer son efficacité en se concentrant sur sa vraie prérogative le contrôle à posteriori des comptes. Cependant M. Michel estime que la Cour perd toute sa consistance puisque le contrôle à priori est l'aspect du contrôle le plus important. Ce contrôle peut empêcher la dilapidation des ressources de l'état, argue t-il.

Le président Moïse fait remarquer que la constitution n'envisage qu'une simple consultation tandis que M. Michel soutient que la consultation en ce sens est obligatoire puisqu'émanant de l'autorité devant accorder décharge.

Le président Moïse assure que la modification permettra de réaliser dans un délai raisonnable les projets d'infrastructures qui seront désormais approuvés par la commission nationale de passation des marchés publics (CNMP). Cependant la lecture du porte parole du directoire de l'opposition démocratique est différente. Il croit qu'il s'agit d'une démarche en vue d'accélérer la signature de contrat de manière irréguliere. Il dénonce des intentions de corruption dans le cadre de collusion entre le gouvernement et des hommes d'affaires.

Au cours des derniers mois l'opposition avait salué les diverses réactions de la Cour des Comptes sur des irrégularités dans les projets soumis par le gouvernement. Ces mêmes remarques avaient été interprétées comme des actions politiques de l'opposition par des membres du gouvernement.

LLM / radio Métropole Haïti