En s'exprimant sur les affaires internes d'Haïti, Jon Piechowski outrepasse les droits accordés par la convention de Genève sur les relations diplomatiques, selon Pierre Antoine Louis. L'ancien diplomate estime que le responsable américain n'a aucune leçon à donner à Haïti.
Ce qui ne l'empêche pas de reconnaitre que le sous-secrétaire adjoint au département d'état américain a raison sur le fond :
« Même si Jon Pechowski n'a aucun droit de s'exprimer sur ce qui se passe en Haïti, l'opinion qu'il exprime n'est pas choquante. Il ne revient pas à l'exécutif de mettre en place un comité consultatif chargé de rédiger la constitution. Ce doit-être l'œuvre d'une assemblée constituante issue d'un compromis politique, » a déclaré Pierre Antoine Louis, ce mercredi pendant le journal du matin de Radio Métropole.
Toutefois ce qu'il qualifie d'ingérence étrangère grossière dans les affaires du pays doit être ignoré par les autorités haïtiennes, insiste-t-il :
« Seuls les Haïtiens peuvent opiner sur les affaires internes d'Haïti. Tout comme il serait malvenu, dans le contexte actuel, que les autorités haïtiennes s'expriment sur la situation aux Etats unis. »
Pierre Antoine Louis attribue le manque de respect par Jon Piechowski, des règles de réserves appliquées habituellement par les diplomates à un affaiblissement des élites haïtiennes qu'il juge plus enclines à rechercher un gain facile qu'à faire respecter leur pays.
Notons que Jon Piechowski, sous- secrétaire adjoint au Département d'état américain pour les questions de l'hémisphère occidental a appelé mardi, dans le cadre d'une interview accordée à la voix de l'Amérique, à l'organisation d'élections législatives rapidement en Haïti.
Il a également émis des doutes sur l'opportunité d'une réforme constitutionnelle alors que les institutions démocratiques du pays sont incomplètes.

AL / radio Métropole Haïti