Communiqué du GARR.-

25 braceros haïtiens âgés de 15 à 30 ans, ont été rapatriés volontairement dans la matinée du lundi 24 avril 2000 par la frontière Jimini-Malpasse, avec l'appui de la Pastorale des Bateys du diocèse de Barahona.

Il s'agit de personnes nouvellement recrutées pour la zafra en cours, qui ne peuvent plus supporter les conditions de vie excrécrables, dans lesquelles elles se sont retrouvées depuis leur arrivée.

"La décision prise par les braceros de rentrer chex eux est un signe patent de la détérioration des conditions de vie dans les bateys", a déclaré le Père Pedro Ruquoy, directeur de la Pastorale des Bateys pour le diocèse de Barahona, qui avait accompagné ces rapatriés à la frontière.

Ces 25 ressortissants haïtiens, qui se trouvaient dans une barque au Batey Las Casitas depuis trois à quatre semaines, n'avaient rien reçu des nouveaux propriétaires de l'usine sucrière de Barahona. Pour pouvoir survivre, ils avaient dû vendre tout ce qu'ils possédaient, y compris leurs vêtements et leurs chaussures.

Originaires de Jacmel, Marigot et Cap-Rouge dans le département du Sud-Est, ces braceros ont été contractés par des buscones (passeurs) haïtiens, à qui ils ont payés entre 300 et 700 gourdes pour le passage.

Après avoir traversé la frontière Malpasse-Jimani par un sentier longeant les bayahondes, ils ont été conduits dans une maison située non loin de la forteresse de Jimani où ils ont été reçus par des militaires dominicains et des personnes appartenant au service d'éradication de la malaria.

Des organisations travaillant avec les immigrants haïtiens en République Dominicaine se sont alarmés, ces derniers jours, des conditions dans lesquelles certains embauchages avaient lieu. Avec la privatisation des usines sucrières dominicaines, le minimum d'accueil déjà précaire qui était offert dans le temps aux braceros nouvellement arrivés n'existe plus.

Par ailleurs, à l'occasion de la fête de Pâques, des habitants de Tamayo, commune de la Province de Bahoruco, située à 25 km de la ville de Barahona, ont organisé un repas de solidarité pour environ 200 braceros. Après la messe pascale célébrée à l'intérieur d'un champ de cannes, braceros haïtiens et dominicains, d'origine haïtienne ou non, se sont réunis pour partager un repas que des femmes de Tamayo avaient préparé.