Le climat politique s'améliore en Haïti à l'approche des élections du 21 mai, mais des progrès doivent encore être faits pour lutter contre la violence, ont estimé le 16 mai les autorités américaines. Le CEP chargé de préparer le scrutin "a réalisé des progrès significatifs, et il reste assez de temps pour achever ce qui reste à faire avant le premier tour" a déclaré le porte-parole du Département d'Etat, Richard Boucher. "Les troubles à l'ordre public ont diminué au cours du dernier mois, mais il y a eu des violences contre plusieurs candidats et militants de divers partis" , a -t-il ajouté. Washignton a renouvelé son appel aux autorités de Port-au-Prince à arrêter et poursuivre les coupables, et à faire en sorte que l'élection se tienne "dans une atmosphère de sécurité et de débat politique ouvert". Le Porte-parole a également appelé les responsables haïtiens à " dénoncer publiquement les actes de violences " et à encourager la population à se rendre massivement aux urnes pour montrer son soutien à la démocratie." Interrogé par la presse pour savoir si le scrutin pourrait être "acceptable" aux yeux de Washington, le Porte-parole a répondu : "il peut l'être, mais certains points réclament de l'attention avant le vote". L'annonce de ces élections législatives, municipales et communales (rurales), dont la date avait été plusieurs fois repoussée, avait été saluée le mois dernier par Washington, qui redoutait que le climat de violence ne serve à justifier un nouvel ajournement. M. Boucher a également indiqué que l'ancien président Aristide avait écrit à de nombreux responsables américains pour condamner la violence politique, réaffirmer l'intention de son parti de participer au vote, et demander une forte présence d'observateurs internationaux. Ces déclarations balancées, contrastent avec le ferme avertissement adressé le 19 avril par Washington, qui avait affirmé "sa plus profonde préoccupation face au climat d'insécurité en Haïti", demandant aux autorités du pays d'y mettre un terme sans délai. Des inquiétudes identiques avaient été exprimées à l'époque, par plusieurs membres de la chambre des représentants et du sénat américains, qui avaient dénoncé la vague de meurtres et de violence politique pré-électorale.