Le Chairman de la Commission des Affaires Etrangères du Congrès Américain, Benjamin Gilman et son collègue Porter Goss affirment que les élections du 21 mai peuvent déboucher sur l'établissement d'un "narco- Etat" en Haïti .

Dans une déclaration publiée le vendredi 2 juin au Congrès américain, les deux républicains affirment que des éléments du CEP, qui travaillent pour le Gouvernement et le parti de Jean-Bertrand Aristide, sont en train de manipuler les résultats du scrutin du 21 mai, ceci après que les haïtiens aient patiemment et pacifiquement votés aux élections législatives et locales.

Les congressmen Gilman et Goss parlent également de la situation qui règne dans le pays, suite à la tenue des élections ; ils indiquent que la police a ouvertement procédé à l'arrestation de figures clefs de l'opposition et ajoutent que ces arrestations, cautionnées par des officiels, représentent une forme d'intimidation.

Par ailleurs, ces parlementaires soulignent que des bâtons ont été mis dans les roues de l'IFES (Fondation Internationale Pour les Systemes Electoraux) qui est chargée de fournir une assistance technique au Conseil Electoral Provisoire (CEP) ; ils rappellent qu'au Pérou, la Mission d'Observation de l'OEA avait souligné, que pour qu'une élection soit considérée comme libre, il fallait que les citoyens soient en mesure d'exercer pleinement leur droit sans peur ni interférence ou représailles. Des élections sont aussi libres quand tous les partis et candidats y prennent part, en jouissant avec équité de toutes les conditions pour la transmission de leurs idées, écrivent encore les deux congresmen.

D'autre part, Benjamin Gilman et Porter Goss affirment que la Communauté Internationale ne doit pas appliquer un "double standard", soit deux poids deux mesures pour Haïti. D'après ces deux congressmen les élections ne peuvent être légitimées par l'action du Gouvernement et ses alliés du parti au pouvoir, Fanmi Lavalas. Ils précisent que les arrestations des leaders de l'opposition et la manipulation des résultats des élections se déroulent sur fond de corruption liée au trafic de drogue. La politisation de la police est un signal clair que le Gouververnement haïtien favorise l'émergence rapide d'un narco-Etat en Haïti.