AHP.-Le Directeur Général du Ministère de l'Environnement, Daniel Brizard, a confirmé lundi 12 juin, le rapatriement des 4.000 tonnes de déchets toxiques, qui avaient été abandonnés en décembre 1987 au warf de la Sedren au Gonaïves, par le bâteau américain "Le Khian Sea".

Ces cendres hautement toxiques, en provenance de la ville de Philadelphie (U.S.A.), avaient été déversées dans la zone, sous le gouvernement militaire du Général Henry Namphy. Selon M. Brizard, qui s'exprimait au Palais National dans le cadre des lundis de la présidence, le retour aux Etats-Unis de ces déchets a coûté au gouvernement haïtien plus de 500 mille gourdes. (1dollar US : environ 20 gourdes).

Par ailleurs, le Directeur Général du Ministère de l'Environnement a annoncé qu'un projet de santé est actuellement à l'étude pour la population de Lapierre et de Sedren, victime de l'entrepôt de ces déchets toxiques.

Ce programme entre dans le cadre des actions de suivi entreprises par son ministère, après la levée définitive des déchets le 5 avril dernier. Le programme comprend dans ses objectifs, de pallier les conséquences néfastes que ces déchets pourraient avoir sur la santé des habitants de la région.

Les personnes embauchées dans le cadre des travaux relatifs à la levée des déchets sont également concernées par ce projet. Selon les analyses effectuées par des organisations internationales dont "Green Peace" et l'Agence Américaine pour la Protection de l'Environnement", ces cendres contenaient entre autres, des métaux lourds (Aluminium, arsenic, chrome, cuivre, plomb, mercure, nickel, platine, zinc, dioxine) et d'autres matières hautement toxiques.

Dans leur rapport, les organisations avaient conclu que ces déchets étaient dangereux pour l'homme et pour l'environnement.

Des membres de la société civile des Gonaïves se sont félicités du fait que ces "fatra pwazon" (déchets toxiques) aient pu quitter la zone. Selon eux, les autorités civiles et militaires de l'époque qui ont reçu des pot-de-vins pour autoriser le débarquement des déchets, doivent être poursuivis en justice. Ils réclamaient également le nettoyage des sites contaminés ainsi que des réparations pour la population victime.